Nos stylos.

A quoi tient d’utiliser tel ou tel type de stylo ? Sylvestre et Caliméro ne le savaient peut-être pas très bien, mais écrivaient avec des Reynolds. Bleu, car à l’école on écrit en bleu, même si la couleur favorite de Caliméro était le rouge. Pour une fois, Sylvestre faisait preuve de conformisme…

Pour tous nos écrits entre nous aussi, nous utilisions ces Reynolds. L’ennui avec cette marque, c’est qu’on ne voit le niveau d’encre que quelques temps avant la « mort » du stylo. Or, Caliméro et moi aimions tuer les stylos à la tâche, et pas seulement en cours ! La première, Caliméro a osé l’inimaginable : casser ses stylos pour en voir le niveau d’encre ! Bien entendu, après il fallait rafistoler le stylo avec du scotch, afin de pouvoir continuer à écrire quand même. Et puis un beau jour, le stylo cassait définitivement sa pipe. Et nous avons eu l’idée d’un cimetière de stylos.

Cela se passait au fond de la classe, en ouvrant la fenêtre de la salle qui servait aux cours d’histoire géographie de Zézette (peu de véritables cours et beaucoup d’exposés des élèves). Le stylo, cassé, recollé, une fois déclaré officiellement mort, se retrouvait là, et de temps en temps, Caliméro et moi contemplions le massacre avec délectation.

Un jour, Zézette a demandé à un de nos camarades (le punk de service) d’ouvrir la fenêtre pour aérer un peu. Caliméro et moi l’avons ainsi vu découvrir notre cimetière de stylos. Stéphane faisait une de ces têtes ! Naturellement, il n’a rien dû comprendre, mais nous, ce jour-là, avons bien ri à part nous.

Et savez-vous pourquoi Sylvestre, en fin de compte, ne jure que par la concurrence, à savoir le stylo Bic ? Parce qu’on peut voir le niveau d’encre à tout moment…