l'imagination au pouvoir

14 novembre 2018

"Ecrire, c'est vivre"...

... et ce n'est pas moi qui l'ai dit ! Mais je souscris complètement. J'ai entendu cela dans une des écoles où je travaille, de la bouche d'un enseignant. Cela me parle d'autant plus, qu'outre le travail, je reconnais avoir une vie sociale assez pauvre. Depuis toujours, je me suis inventé des histoires, et c'était là, que j'avais l'impression de vivre. En réalité, je vis pour écrire, et j'écris aussi pour vivre, d'une certaine façon. Pour compenser une réalité souvent difficile.

Résultat de recherche d'images pour "caliméro"

Bien entendu, j'ai eu quelques bonnes périodes, mais qui malheureusement ont pris fin... La série "Sylvestre en pays d'écriture", avec Caliméro, en témoigne. Caliméro est retournée dans sa coquille, et "c'est vraiment trop injuste". Je la regrette. Si je le pouvais, je la remercierais, car elle m'a révélée à moi-même, en nous écrivant. D'ailleurs, j'ai longtemps eu des correspondants, même partout dans le monde. Maintenant, le courrier papier est en train de disparaître...Cela m'attriste, mais d'un autre côté, j'apprécie la quasi-immédiateté du courriel. Il faut vivre avec son temps ! Mais des talents de diariste par courriel ?!? Encore une chose à (ré)inventer...

Passées les années lycée, un stage Erasmus en Italie, un autre au Portugal, j'ai par la suite connu bien des déconvenues. Mais dès mon adolescence, j'ai écrit, me suis imaginé des histoires. Cela fait une trentaine d'années que ça dure... Pour rêver, y vivre des choses positives au moins en imagination. Mon imagination me soutient, et aussi, bien sûr, l'espoir qu'un jour, tout ira vraiment mieux... Mes écritures incluent tout cela, et en plus, avec le temps, j'écris aussi des choses moins personnelles, que je peux partager via ce blog. Il est là pour ça : partager. Pour qu'écrire soit moins un acte égoiste. Oui, on écrit d'abord pour soi ; mais après, il est bon aussi de partager. Et pas seulement des courriers papier ou électroniques. Pensez-y, vous aussi, donnez-moi vos sentiments sur l'écriture, la littérature, le dessin... Je vous rappelle le site Rêve de Lignes, dont vous trouverez l'adresse dans mes liens. Partageons donc !

 

Claire M.

Posté par Claire Monelle à 17:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


11 novembre 2018

tours et détours

promeneur_du_d_sert

retour_mer

sitting_f_lin

Posté par Claire Monelle à 15:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 novembre 2018

Avenures en pays d'écriture, suite

Nos stylos.

A quoi tient d’utiliser tel ou tel type de stylo ? Sylvestre et Caliméro ne le savaient peut-être pas très bien, mais écrivaient avec des Reynolds. Bleu, car à l’école on écrit en bleu, même si la couleur favorite de Caliméro était le rouge. Pour une fois, Sylvestre faisait preuve de conformisme…

Pour tous nos écrits entre nous aussi, nous utilisions ces Reynolds. L’ennui avec cette marque, c’est qu’on ne voit le niveau d’encre que quelques temps avant la « mort » du stylo. Or, Caliméro et moi aimions tuer les stylos à la tâche, et pas seulement en cours ! La première, Caliméro a osé l’inimaginable : casser ses stylos pour en voir le niveau d’encre ! Bien entendu, après il fallait rafistoler le stylo avec du scotch, afin de pouvoir continuer à écrire quand même. Et puis un beau jour, le stylo cassait définitivement sa pipe. Et nous avons eu l’idée d’un cimetière de stylos.

Cela se passait au fond de la classe, en ouvrant la fenêtre de la salle qui servait aux cours d’histoire géographie de Zézette (peu de véritables cours et beaucoup d’exposés des élèves). Le stylo, cassé, recollé, une fois déclaré officiellement mort, se retrouvait là, et de temps en temps, Caliméro et moi contemplions le massacre avec délectation.

Un jour, Zézette a demandé à un de nos camarades (le punk de service) d’ouvrir la fenêtre pour aérer un peu. Caliméro et moi l’avons ainsi vu découvrir notre cimetière de stylos. Stéphane faisait une de ces têtes ! Naturellement, il n’a rien dû comprendre, mais nous, ce jour-là, avons bien ri à part nous.

Et savez-vous pourquoi Sylvestre, en fin de compte, ne jure que par la concurrence, à savoir le stylo Bic ? Parce qu’on peut voir le niveau d’encre à tout moment…

 

Posté par Claire Monelle à 16:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 octobre 2018

image d'Italie

Rêve d’Italie.

 

-          Je veux revenir ! cria la petite fille. Je veux revenir à Rome !

-          Mais Grazia, mamy est morte ! Nous ne connaissons plus le reste de la famille ! Nous reviendrons si nous pouvons, quand tu seras plus grande. Quand nous aurons assez d’argent pour aller à l’hôtel. Mamy n’est plus là !

Grazia éclata en sanglots.

-          Je veux revenir à Rome !

-          Ce ne sera jamais plus la même chose. Tu es trop petite pour comprendre.

-          L’Italie me plaît plus que la France !

-          Oh, mon petit amour.

Grazia se blottit dans les bras de son père. Il la caressait, parlait doucement, mais en lui aussi quelque chose était cassé. La grand-mère une fois morte, que faire, où aller ? Mais oui, il voudrait revenir à Rome, comme Grazia. Il venait à peine d’enterrer sa mère, et pour lui, petit frère, c’était encore plus difficile que pour son frère ou sa sœur. Même si à présent, ils se retrouvaient orphelins. A presque quarante ans, cela pouvait être dans l’ordre des choses. Il se sentait très triste. La maison serait vendue, son frère aîné à Milan, sa sœur toujours partout dans le monde, sans jamais rester au  même endroit. Gianni serra sa fille dans ses bras. Lui aussi avait envie de pleurer.

-          Gianni, que fais-tu ? demanda sa femme quand elle le trouva ainsi, si triste, avec leur fille.

-          Grazia ne veut pas abandonner l’enfance.

-          C’est normal, à son âge. Elle n’a que huit ans. Son frère comprend mieux. Et puis  elle adorait sa grand-mère.

-          C’est vrai. Tu entends, Grazia ?

-          Bien  sûr que j’entends. Mais je veux revenir à Rome.

-          Nous y sommes. Pour le moment, dit sa mère. Après nous devrons partir.

-          Je ne veux pas !

-          Je sais quoi faire.

-          Alors dis-le moi, réagit Gianni.

-          Allons à la fontaine de Trevi. Et n’oublie pas ton porte-monnaie.

Gianni  comprit.

-          Nous allons faire une promenade, dit-il à sa fille. Ce sera une bonne chose pour  nous tous. Aussi pour ton frère.

Et la famille quitta la maison. La fontaine de Trevi n’était pas très loin, ils marchèrent pendant une vingtaine de minutes, et arrivèrent alors que les lumières s’allumaient. La nuit était tombée. Un son de guitare, très doux, les accueillit. La petite Grazia eut un beau sourire. Son frère lâcha un  « putain ! » et puis il ne dit plus rien. On n’entendait plus que la guitare. Gianni et sa femme se tenaient par la main.  Elle lui dit quelque chose à l’oreille, et Gianni sourit, fit le geste d’attendre. Ils s’assirent tous les quatre. Ils écoutaient, ressentaient la fraîcheur de la nuit. La fontaine était toute illuminée. Les sculptures se révélaient grâce aux lumières. L’eau paraissait bleue, le fond, d’une couleur étrange. Mais Grazia n’y fit pas attention. Elle avait cessé de pleurer, mais elle ne savait qu’une chose : elle voulait revenir voir les merveilles de Rome, de l’Italie. Elle avait une mère française, ils habitaient loin, mais rien n’était impossible, pour une petite fille. Elle s’appelait Grazia, un prénom italien. A l’école, en France, ses camarades se moquaient d’elle, alors que « Grazia » était un très beau prénom, et puis la petite se vexait quand on ne roulait pas le « r ». Elle ne comprenait pas qu’on puisse être méchant. Alors elle se disait que peut-être, en partant en Italie… Revenant et revenant encore… Quand le son de la guitare se tut, sa mère se pencha vers Grazia.

-          Connais-tu la légende de cette fontaine ?

-          C’est vrai ? Il y a une légende ?

La petite fille aimait les contes, histoires, légendes… Elle aimait les entendre racontés par sa maman, qui savait bien attirer l’attention de son auditoire.

-          Oui, il y a une légende.

-          Ces créatures ? Toutes ces statues ? Elles ont une histoire ?

-          Non. Essaye de voir le fond de la fontaine.

Grazia le fit, sans y parvenir.

-          Mais qu’y a-t-il, au fond de la fontaine ?

-          Des pièces de monnaie. C’est la monnaie de tous ceux qui sont venus ici, et qui veulent revenir à Rome un jour.

-          Alors il suffit de jeter une pièce de monnaie ici pour revenir ?

Les yeux de Grazia étincelaient. Sa mère le vit, c’était le but recherché.

-          Lève-toi, ma petite chatte. Moi aussi je veux revenir à Rome. Et aussi ton père, sûrement.

-          Les Italiens finissent toujours par rentrer chez eux. Mais vous êtes françaises. Et toi, Luca ?

L’adolescent éclata de rire.

-          Mais quelle connerie, papa ! Si je dois revenir un jour, ici, je le ferai. Quand j’aurai une copine, je l’emmènerai ici. J’en suis sûr. Allez-y sans moi.

-          Donne-nous deux pièces d’un euro, s’il te plaît, bel Italien, murmura Béatrice à son mari.

Gianni sourit, trouva la monnaie demandée.

-          Deux euros dans la fontaine ! Il y a une fortune ici ! C’est indécent ! se rebella Luca.

-          Calme-toi, fiston. Seules ta mère et Grazia iront. Nous, nous sommes bien, ici. Ecoute encore.

Luca haussa les épaules. Les filles avaient pris les pièces, et descendaient vers la fontaine.

-          Tu vois, expliqua Béatrice à sa fille quand elles furent juste devant, tu dois prendre la pièce dans ta main droite, tourner le dos à la fontaine, et jeter la pièce derrière toi en faisant le vœu de retourner à Rome.

-          Par-dessus le dos ?

-          Oui. Regarde comment je fais.

La pièce partit dans l’eau.

-          Ah ! J’ai compris !

-          A toi.

Grazia jeta la pièce, puis s’assit sur le bord de la fontaine.

-          Tu es aussi belle que cette ville.

-          Grazia, pour les vacances je t’emmène avec moi, annonça Béatrice, lors d’une journée pluvieuse de printemps. L’année dernière, tu voulais retourner à Rome. Je t’y emmène maintenant. Juste toutes les deux.

-          Mais que ferons-nous, cet été ?

-          Justement, je ne sais pas. Mais pour quelques jours nous pouvons le faire.

-          Et papa et Luca ?

-          Te souviens-tu de la fontaine de Trevi ?

-          C’est vrai.  Ils n’ont pas voulu jeter des pièces.

-          Tant pis pour eux. Allons-y,  nous.

Béatrice aussi aimait l’Italie. Ce n’était pas par hasard qu’elle avait épousé un Italien. Elle savait très bien que lui, s’il le voulait, pourrait retourner là-bas un jour ou l’autre. Il travaillait en France, et aussi la famille plus proche, mais Béatrice rêvait. Elle ne pouvait laisser tomber un si beau pays. Et sa fille était comme elle. Béatrice avait accepté un nom italien pour elle. Et Grazia se construisait presque comme une Italienne. Béatrice, une vraie rousse, avait les yeux clairs, alors que Grazia avait les cheveux, les yeux noirs, les lèvres presque rouges. Blanche-neige. Elles partirent donc toutes les deux, une semaine à Rome. A la fin des vacances, Grazia demanda à retourner à la fontaine de Trevi. Celle-ci n’était pas exactement la même, de jour. L’ambiance était différente, la fontaine, toujours majestueuse.

-          Je veux revenir, maman !

En riant, Béatrice donna une pièce à Grazia.

-          Toi aussi, maman. Toute seule ici, je n’y arriverai pas.

Et c’était dit très sérieusement. Béatrice comprit que l’année suivante, elle devrait encore trouver un moment pour emmener Grazia à Rome. Elle comprenait aussi que, peut-être, elle avait fait une erreur avec sa fille. Son cœur se serra. D’abord elle ne dit rien.

-          Maman ? S’il te plaît, maman !

Elle ne sut pas dire non. Elles jetèrent toutes les deux une pièce dans la fontaine, tournant le dos. Pour elle, Béatrice avait pris cinquante centimes, pensant que peut-être, en un an, elle trouverait la force de dire que pas toutes les légendes n’étaient vraies. Cela dit, la ville était si belle, le pays… Bref, elle jugea le moment mal choisi.

 

-          Grazia, pour les vacances je t’emmène une semaine avec moi à Rome.

-          Comme l’année dernière ! Super !

Grazia applaudit, fit un tour sur elle-même. La fillette de dix ans croyait encore aux légendes

-          Tu sais, Grazia…

-          Quoi, maman ?

-          Humm… Non, rien.

Grazia l’embrassa. Les billets étaient pris, on ne pouvait plus faire marche arrière. La mère et la fille partirent donc. Et à la fin du voyage, Grazia voulut retourner à la fontaine de Trevi.

-          Nous avons autre chose à faire, dit alors Béatrice.

-          Ah non, c’est très important !

-          Tu sais, tu aimes l’Italie, et quand on aime quelque chose à ce point, tu finis toujours par trouver le moment de revenir. L’année prochaine ou plus tard.

-          Non non, je veux revenir l’année prochaine !

Béatrice soupira.

-          Tu es grande, Grazia.

-          Je ne suis pas encore au collège !

Béatrice retenta sa chance l’année suivante, refusant de revoir cette fontaine de Trevi de malheur.  Elle avait des problèmes de santé, mais Grazia ne comprenait toujours pas. Même à onze ans, étant au collège. Et cela dura jusqu’au baccalauréat. Béatrice était fatiguée, elle avait dû vaincre un cancer du sein. Cela, Grazia l’avait compris, et son père, les deux dernières années, l’avait emmenée lui-même à Rome. A lui, cela lui donnait l’occasion de revoir son pays. Il voulait y retourner depuis longtemps. Luca aussi avait compris l’importance des racines de la famille. Ils habitaient, certes, en France, mais ils se sentaient italiens. Sauf Béatrice, qui rêvait de ce pays.  Elle avait perdu ses magnifiques cheveux roux, et portait une perruque. Grazia était devenue une très belle fille, avec de jolies courbes, et un  regard décidé sur les choses de la vie. Béatrice pouvait rêver sur elle… Elle avait trouvé l’idée, à Lyon, d’une association des Italiens de la ville, et Grazia, mais aussi Luca, en faisaient partie.

Grazia eut son baccalauréat, et le petit ami, au même moment : un nouvel arrivant d’Italie, un peu perdu en France. Grazia s’occupait de lui, et les deux jeunes gens tombèrent amoureux l’un de l’autre.

-          Grazia… Veux-tu venir à Rome avec moi, cet été ?

Grazia, à cause du baccalauréat, n’avait pas encore pu partir à Rome cette année-là. Elle accepta donc avec grand plaisir. Et à la fin du séjour, elle demanda la chose habituelle : aller à la fontaine de Trevi.

-          Tu as raison, elle est très belle. Allons-y de nuit, elle sera encore plus belle.

-          Comme la première fois que j’y ai fait attention ! s’émerveilla Grazia.

-          Tu connais ?

-          Si je connais ! Je ne quitte jamais Rome sans avoir jeté une pièce dedans ! Et j’y suis toujours retournée, tous les ans !

Le petit ami de Grazia eut un sourire. Il dit qu’ils y allaient. Devant la fontaine, Grazia prit une pièce de deux euros.

-          Mais tu es folle ! C’est beaucoup trop pour une légende !

-          Et alors ?

Grazia se retourna. Mais son petit ami saisit la pièce. Elle cria. Il lui rendit l’argent.

-          Ce n’est pas grâce à ça que tu es retournée à Rome. Ton père est italien. Nous nous connaissons depuis peu de temps, mais tu m’as parlé de ta grand-mère dès le début. Tu reviendras toujours en Italie. Essaye. Ne jette pas cette pièce. Je vais te montrer une autre légende.

Et il releva son pantalon, enjamba le rebord de la fontaine.

-          As-tu vu La Dolce vita ?

-          Non, pourquoi ?

-          Avec ta robe noire, c’est très bien. Viens.

Grazia avait l’impression de commettre un sacrilège. Elle enleva tout de même ses chaussures, et suivit le garçon dans la fontaine. Il faisait chaud et l’eau était fraîche. Grazia l’apprécia.

-          Viens !

Il était difficile de marcher sur les pièces. Elle faillit tomber plusieurs fois.

-          Dans La Dolce vita, Marcello Mastroianni admire une belle Suédoise sous la fontaine. C’est un film italien très important. De Fellini. Préfères-tu Rome avec ta famille, ou m’embrasser ici ?

Grazia regarda son petit ami. Elle fondit en larmes. Elle avait tout compris d’un coup. Elle n’avait pas pris garde à la maladie de sa mère. Elle retourna vers le rebord, où elle s’assit. Etonné, le garçon vint la retrouver, la prit dans ses bras. Comme son père dix ans auparavant. Grazia pleura longtemps. Son petit-ami comprit. De retour en France, il alla voir la famille de Grazia, alors qu’il la savait ailleurs.

-          Grazia n’est pas là, dit Gianni.

-          Je sais. C’est à vous que je veux parler. Grazia m’a parlé de la fontaine de Trevi.

-          Ah, cette fontaine… Entre.

Le garçon annonça la bonne nouvelle : Grazia n’y avait pas balancé la pièce habituelle. Ses parents furent soulagés, ils le remercièrent.

-          C’est elle, la pièce. Elle a compris qu’elle reviendrait quand même. Elle trouvera un métier en rapport avec l’Italie, j’en suis sûr. Elle se débrouillera toujours pour trouver quelque chose.

-          Pourvu qu’elle ait un bon métier, c’est tout ce que nous demandons, dit Béatrice. Et  vous êtes un garçon rare.

-          Merci madame. Je ne sais pas si je suis son prince charmant, mais… eh bien, je suis italien moi aussi ! Et mon pays a sa magie… n’est-ce pas madame ?

-          Et avec ses légendes. Il doit y avoir une sorcière sur la fontaine de Trevi… dit Gianni avec un sourire.

Et les deux Italiens se comprirent.

 

Claire M. 2014

Posté par Claire Monelle à 10:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 octobre 2018

petit tour dans le monde

tour_du_monde

gros_temps

vendeur_d_oranges

 

Posté par Claire Monelle à 17:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


23 octobre 2018

littérature actuelle

Arto Paasilinna (1942-2018)

Résultat de recherche d'images pour "photo Arto Paasilinna"

La semaine dernière, le 15 octobre, l'écrivain finlandais Arto Paasilinna est mort, à 76 ans.

Il était né d'une famille suédoise transbahutée dans l'extrême Nord européen : Norvège, Suède et finalement Laponie finlandaise. Après avoir exercé divers métiers (bûcheron, ouvrier agricole...), il se tourne vers le journalisme, et a travaillé, comme stagiaire, au quotidien régional Lapin kansa ('Le peuple lapon"). Il écrira par la suite pour divers journaux et revues littéraires, jusqu'en 1988.

Arto Passilinna commence à publier des romans en 1972, mais ses 35 romans ne sont pas encore tous traduits (18 le sont pour l'instant). Ceux-ci sont souvent picaresques, mettant les personnages dans des situations loufoques. Un bon exemple, le plus connu, est Le lièvre de Vatanen (1975). La nature est très présente chez Paasilinna, le plus souvent ses romans se déroulent dans le Grand Nord. Il reconnaissait "exagérer les choses", ce qui est, à vrai dire, le propre de l'écrivain, pour mieux tourner en dérision le peuple auquel il appartient. La bonne humeur est omni-présente dans tous ses romans. Le dernier paru en France, Un éléphant, ça danse énormément, n'échappe pas à ces règles. J'en avais d'ailleurs parlé dans un autre billet, il y a quelques mois.

Outre ces deux romans, je vous conseille particulèrement Prisonniers du paradis, La douce empoisonneuse ou encore Les  mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen. Fous rires et dépaysement garantis... Allez-y, il y a de quoi faire ! Et il reste encore 17 romans à traduire, si bien que, même si Arto Paasilinna n'est plus parmi nous, il continuera de nous faire rire, et aimer ses compatriotes...

Posté par Claire Monelle à 17:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 octobre 2018

horizons divers

 

grand_cric

d_crocheur_de_lune

lettre_d_amour

Posté par Claire Monelle à 17:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 octobre 2018

aventures d'écriture

Nouveaux branchements.

 

Avant de rencontrer Caliméro, j’ai fait un passage dans un collège/lycée privé, que fréquentaient d’ailleurs certains de ses amis, que je connaissais aussi. C’est donc à « la Miser’ » que j’ai commencé mes années de lycée, où j’ai eu quelques bons profs. Et je vais vous parler de mon meilleur prof de français, un certain M. Platini (mais pas Michel).

Ce prof s’éclatait à nous mettre presque en scène, rien qu’à la lecture, certains extraits de Rabelais, ce que j’avais trouvé particulièrement jouissif. J’ai redécouvert cet auteur quelques années plus tard à la fac, avec plaisir. Manifestement, M. Platini aimait beaucoup Rabelais… et moi aussi ! « Fay ce que vouldras », n’est-ce pas.

Un jour, nous avons attaqué le surréalisme. Je ne sais plus si c’était avant ou après, mais j’avais fait une fiche de lecture sur un roman choisi dans une liste de lectures possibles que M. Platini nous avait données. J’y ai largement trouvé mon compte, et mes choix personnels lui plaisaient. J’ai donc lu Les fleurs bleues de Raymond Queneau, ou Oscar Wilde, ce qu’il avait remarqué. Lors du cours sur le surréalisme, il nous a expliqué ce qu’était l’écriture automatique, et nous en a fait faire pendant dix minutes. Sylvestre est partie au quart de tour ! Tout le reste de la classe était décontenancé. Ecrire sans réfléchir pendant dix minutes ? Cela devait leur passer au-dessus de la tête. Du coup, j’ai été encore plus repérée. Moi, j’ai ainsi découvert cette pratique, que j’utilise encore de temps en temps, pour savoir ce que j’ai en moi. Le surréalisme avait partie liée avec la découverte de l’inconscient. Mais cela, je ne l’ai compris qu’au fur et à mesure.

Et peu à peu, les stylos se sont branchés sur l’étrange cerveau de Sylvestre, qui pense peut-être autrement qu’un autre ? L’écriture a souvent fait d’elle une extraterrestre. En effet, encore maintenant, elle est souvent la seule dans les salles d’attente à écrire, quand tous les autres bidouillent sur leurs téléphones qui servent à tout sauf à téléphoner…

Posté par Claire Monelle à 11:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 octobre 2018

amusement dominical

Un événement à l’église.

                                                                                                          A maman

 

Le grand-père était mort, et toute sa famille très triste, consciente d’avoir perdu son meilleur élément. « Les meilleurs partent toujours les premiers », se disaient-ils. Ce grand-père avait été un merveilleux conteur, jamais avare d’histoires, inventées ou pas, et il les avait semées, comme les cendres de sa pipe, qu’il avait toujours vissée à son bec. Et à présent… Eh bien, plus personne pour raconter. Les petits-enfants étaient les plus tristes, une petitoune pleurait, d’autres essuyaient une larme. Même à trente, quarante ans, et même à soixante ans, on aimait beaucoup les histoires, dans cette famille. Le grand-père rassemblait son entourage, et c’était parti pour de longues soirées. Les histoires en entrainaient d’autres ; le vieil homme leur manquait déjà.

Cette famille-là se fichait de Dieu comme du diable, mais était suffisamment traditionnaliste pour organiser une messe pour le défunt. Tous les moyens pour rassembler la famille seraient bons. Ensuite, il y aurait un petit repas. Tout le monde s’était déplacé pour rendre un dernier hommage au grand-père adoré. L’église se trouvait noire de monde, entre la famille, les amis, les anciens collègues de travail du défunt. Tous profitèrent du silence pour se recueillir, et les plus jeunes se mirent à prier pour déterminer celui qui reprendrait le flambeau. Ils aimaient tant les histoires ! Les adultes le comprirent, et firent de même. Au fond d’eux, absolument tous savaient qu’une vie sans histoires, ce n’était pas une vie. Il fallait donc un conteur. Par conséquent, l’église était étonnamment calme, malgré le nombre de mécréants qui s’y trouvait. Tous formaient le même vœu, qui n’avait  rien à voir avec ce que pouvait dire l’officiant : cela leur passait au-dessus des cheveux. Le grand-père racontait mieux que la Bible ou n’importe quel curé. D’ailleurs, ce dernier, pas très en verve, rendait son office, sans plus,  d’une voix assez monocorde.

L’église était fraîche, et tous avaient dû ôter leurs chapeaux. Il y avait évidemment quelques crânes chauves, et ce qui devait arriver arriva. Alors que le curé débitait sa litanie dans un silence parfait, quelqu’un éternua. Un vent passa dans l’assistance, et aussitôt, ce furent des chuchotements, des rires. Alors quelqu’un d’autre crut réaliser ce qu’il se passait, et lança :

-          Dieu nous a envoyé la relève ! Qui a éternué ?

Tous se regardèrent, se comprirent. Sauf le curé, qui tenta d’apaiser la foule.

-          Oui ! Trouvons celui qui a éternué ! dit un troisième personnage, et le mot passa.

L’homme de Dieu ne put rien faire, et malgré ses exhortations au calme, ne parvint décidément pas à faire revenir le silence. En même temps, avec cette famille-là, il savait à qui il avait affaire. Néanmoins, il essaya de crier un bon coup. Il en allait de sa réputation, et de celle de l’église face à ces mécréants notoires.

-          Vous verrez ça plus tard ! Dieu nous appelle !

Mais on répliqua.

-          Dieu nous a envoyé un éternueur !

Ledit éternueur se faisait tout petit dans son coin. Il aurait voulu remettre son chapeau. Il faisait bien partie de cette famille, mais contrairement à la plupart, c’était un homme discret qui, à défaut d’être croyant, respectait les institutions.  Devenir le centre des attentions le gênait au possible. Il pouvait éternuer jusqu’à une douzaine de fois de suite, et se méfiait. Il voulut s’esquiver, mais tout de suite, absolument tous les regards furent sur lui. Sa femme le regardait amoureusement.

-          Mais c’est le cousin Bertrand !

-          Bertrand ! C’est donc toi l’heureux élu !

Pendant ce temps, le curé essayait toujours de calmer ses ouailles, sans succès. Le capitaine au long cours qu’était l’amiral Korouzov, assis non loin du cousin Bertrand, le saisit par la manche. Un vrai personnage, ce capitaine, beau-frère du défunt.

-          Amiral, je vous en prie ! fit le cousin Bertrand. N’en rajoutez pas, ajouta-t-il, mettant un doigt sur sa bouche et regardant désespérément la sœur du défunt.

Madame Korouzov se tourna vers son mari.

-          Oui, calme-toi, lui dit-elle. Pense à l’endroit où nous sommes, tout de même !

-          Qu’est-ce que ça peut me faire !

Et la voix de l’amiral tonna dans l’église :

-          Le cousin Bertrand est élu conteur de la famille !

-          Mais je…

En réalité, c’était vrai que le cousin Bertrand, comme tous dans la famille, aimait les histoires. Il en racontait lui-même à ses enfants, peut-être pas aussi bien que le grand-père, enfin presque. Et puis sa femme savait que cela lui ferait du bien d’être admiré pour autre chose que sa discrétion. Au fond il s’agissait d’une reconnaissance, d’une promotion. Alors elle se leva à son tour.

-          Pour mon mari, hip hip hip !

-          Hourra !

Complètement dépassé, le curé conclut la messe.

-          In nomine Patris, Filiis et Spiritus sancti…fit-il humblement, puis il ajouta, toujours en latin : Ite, missa est…

 

Posté par Claire Monelle à 17:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 octobre 2018

Le coup de la panne

Je viens de retrouver un moment d'intimité avec la jolie Shaloma, qui a délaissé son dernier fauteuil, pour ma cuisse accueillante... m'inspirera-t-elle ? Car depuis le mois d'août, je suis en panne... ça  arrive quelquefois,  et là, je crois que je sais pourquoi. J'avais voulu écrire une nouvelle sur un thème bien précis, mais me suis perdue en route, et finalement je n'ai jamais achevé le texte. Et depuis... plus rien. Plus rien de montrable en tout cas. 

Car j'écris plusieurs choses à la fois, mais... pour moi. Le journal d'auteur dont je vous ai déjà parlé,  des vies imaginaires,  comme vous l'avez sans doute compris,  Et tous les jours,  au moins une heure à écrire en italien, une langue que je ne veux pas oublier.  De ce fait, c'est mon journal.  Comme je vis seule avec petite minouchette et que je ne travaille qu' une vingtaine d'heures par semaine, j'ai du temps à tuer... Écrire, vous l'avez compris,  me permet d'exprimer mes failles, ou de m'exprimer tout court. Ou encore de me défouler. Donc, même quand j'ai un blocage, j'ecris tout cela. Mais cela dure, et comme toujours dans ces cas-là cela m'ennuie.

Bien sûr,  il y a des solutions : faire du sport, se promener , boire un coup quelque part... Mais aussi lire beaucoup. L'idéal étant tout de même de se vider la tête. De toute façon,  une page blanche m'a rarement fait peur. Au pire,  j'écris sur moi, ce qui me passe par la tête. Vous en apprendrez encore de belles... Bref, je sais que tôt ou tard, je pourrai aller au-delà du blocage. Comme pour tout, la difficulté est de s'y mettre vraiment, et pas seulement d'accumuler des intentions et des idées.  "Le premier pas est toujours le plus difficile."

Chez Hema, j'avais trouvé des autocollants "pensée positive", en anglais. A mettre en évidence sur mes cahiers... oui, je trouve là, plein de choses ! Quelquefois,  ça peut tenir à pas grand'chose.., Les compliments de l'entourage comptent aussi... Et l'Amour de ma petite chatte Paix. Ne nous laissons pas perturber, et à bientôt.

Claire M.

Posté par Claire Monelle à 17:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]