l'imagination au pouvoir

20 mars 2019

Capitaine Verne

Mon auteur favori est Jules Verne. Et je me souviens encore comment je l'ai découvert.  Je devais avoir 8 ou 9 ans et, à la télévision au début des années 80, il y avait le dessin animé "Le tour du monde en 80 jours". Je me souviens encore un peu de la chanson du générique,  Et ces aventures me plaisaient, les personnages etaient des animaux. Phileas Fogg y figurait sous les traits d'un lion (j'ai toujours été attirée par les félins...) Alors j'ai eu la Révélation, et ai sauté sur les vieux Jules Verne de mon père, en commençant par celui-là. Et ça a démarré comme ça. Il y en a que j'ai lus et relus, notamment"Voyage au centre de la Terre". Peut-être même que la Scandinavie,  l'Islande m'ont attirée dés ce moment-là.  Car malgré mes origines italiennes,  j'aime beaucoup, vous l'aurez compris, la civilisation scandinave... Grâce à Jules Verne. Que de ses mondes, réels ou imaginaires, m'ont fait fantasmer,! La mer, la Lune...

Les seuls livres un peu moins bons sont ceux qui ont été repris par son fils, Michel, qui pouvait inclure des histoires de bonnes femmes. Oui, j'aime la littérature "de garçons ". Je me fiche des petites cases : je lis Jules Verne, de la SF, et j'écoute du metal. Et je suis une fille..Au lycée., un camarade petit-bourgeois me jugeait a cause de cela. J'ai vite compris que je faisais exploser ses petites cases... Cela ne m'empêchait pas de connaître mes classiques, Zola, Balzac, que je devorais en même temps que Calimero. Jules Verne, et le XIXème siècle en général, ont fourni beaucoup de classiques, en France mais pas seulement .

Le journal Le Monde réédite actuellement des oeuvres de Jules Verne, inspirée par l'édition originale Hetzel avec ses illustrations.  Les amateurs devraient apprécier... J'ai aussi un côté bibliophile,  avec mon père nous aimions faire les bouquinistes parisiens, ou bayonnais.. J'apprécie l'objet livre, évidemment,  même si certaines éditions sont trop chères pour ma bourse. Peut-être ainsi ? Allez donc faire un tour sur www.julesvernelemonde.fr... Et quoi qu'il en soit, bon voyage avec Jules !

Claire M.

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15 mars 2019

petit tour dans l'imagination

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10 mars 2019

L'appel de l'océan

Le chant de la mer.

 

Pensivement, Patricia se mit à arpenter la plage, sa plage, là où elle avait joué, petite, avec son frère. Le temps de l’innocence était loin, à présent, mais toujours, même une fois mariée avec un Français, Patricia était revenue dans son pays natal, retrouver ses parents, sa famille. Le passé, ou peut-être les embruns, se mirent à lui piquer les yeux. Ça y était, elle était tout à fait orpheline, et elle avait fait le déplacement depuis la France, pour retrouver son frère et voir ce qu’ils allaient faire de la maison familiale. Tous deux étaient d’avis de la vendre, même si Hugo était resté au Portugal, mais à Lisbonne plutôt qu’à Figueira da foz. Il avait une femme, des enfants, une belle maison, et un bon métier. Bref, il n’avait aucune envie de bouger même de Lisbonne. Avec l’argent de l’héritage et de la maison, il aurait des projets de voyage en famille. Et Patricia était venue, désormais divorcée, ses grands enfants au moins casés dans leurs métiers, ou en passe de l’être. Et elle, que ferait-elle, de l’argent de la succession, de la maison familiale ? Elle ne le savait pas très bien même si elle souffrait, comme beaucoup de Portugais, de saudade en vivant à l’étranger.

Tout en enfonçant ses pieds dans le sable fin, Patricia admirait l’océan, ses vagues. C’était la fin du printemps, le temps était doux, le ciel dégagé. Elle eut envie de mettre les pieds dans l’eau, regrettant de ne pas avoir son maillot de bain  sur elle. Elle l’avait bien pris à tout hasard, mais il était resté à la maison. Hugo n’avait pas voulu la suivre, il avait l’océan non loin de chez lui toute l’année, et ne souffrait donc pas de cette absence. Patricia s’en voulut presque de rester vivre à Paris, mais ses enfants étaient là-bas… De plus en plus attirée, elle s’approcha peu à peu des vagues, puis prit une inspiration, et s’assit pour enlever ses chaussures.

En démêlant les lacets de ses spartiates, sa main heurta quelques chose presqu’entièrement enfoui dans le sable.

-                     Aïe !

Patricia enleva sa main, où perlait une goutte de sang. Elle la porta à sa bouche, pesta contre les touristes qui ne mettaient rien à la poubelle. Délicatement, en essayant de ne pas se blesser davantage, elle déterra l’objet : c’était une bouteille au goulot fêlé, avec un document à l’intérieur. Patricia eut alors un grand sourire, son âme imaginative, romanesque, se réveillant aussitôt. Elle n’eut pas grand mal à extirper le document de la bouteille, se demandant qui la requérait, et d’où ? Ces considérations l’amusaient. Elle déplia la petite feuille, et il y avait un message. Patricia avait beaucoup lu, mais croyait savoir faire la différence entre la fiction, et la réalité. Elle pensait que ce serait un S.O.S quelconque, perdu dans l’océan et le temps, qu’elle ne sauverait personne. Et pourtant…

« A toi, le lecteur de ce message, si tu veux te reposer, plonge dans la Vague sans tarder. Tu y trouveras l’aventure de ta vie. Sois rassuré, le voyage sera court, et les possibilités de retour sont infinies. » Ce qui surprit le plus Patricia fut de constater que ces lignes étaient écrites en portugais. Elle regarda ses pieds, l’océan, l’horizon.

-                     Et si… Allez, je vais faire ma grande découverte ! Ça me changera les idées…

Et Patricia ne se contenta pas d’enlever ses chaussures. Elle plongea, en petite culotte et soutien-gorge, dans la première vague venue. Elle avait encore un beau corps, pour quelqu’un qui approchait de la cinquantaine, et ses cheveux bruns se dénouèrent, une fois dans l’eau. Elle prit son souffle, et suivit l’indication du message, s’immergeant dans la vague suivante.

La vague sembla se démultiplier, et le courant entraîna Patricia vers le fond. Elle se demanda si elle n’était pas prise dans un maelström, mais très vite, elle se retrouva au fond de l’eau, et entra dans un passage lumineux qui s’ouvrait devant elle. Un dauphin tacheté paraissait être là pour lui souhaiter la bienvenue.

-                     Flip ! Nous avons un visiteur ?

Patricia n’osa pas parler. Rêvait-elle ? Ses doigts sur le nez, elle commençait à n’en plus pouvoir. Un être étranger s’approcha d’elle, alors que le dauphin indiquait, d’une nageoire, la visiteuse.

-                     Ici, vous pouvez respirer normalement, dit l’être à Patricia.

Avec précaution, elle reprit  peu à peu son souffle. Une claire lumière bleue illuminait l’océan, et elle étudia son interlocuteur. Un aileron pointait au-dessus de son dos, et ses pieds étaient pourvus de petites nageoires. Le corps était fuselé, vêtu d’algues aux reflets verts. L’être se déplaçait très facilement en nageant, mais à présent, il marchait sur le plancher de l’océan, au milieu des coquilles occupées par des bernard-l’ermite, des étoiles de mer, des algues sur de petits rochers.

-          Bienvenue, dit-il, je m’appelle Séphélios. Je suis un lointain descendant des Atlantes. Et vous ?

-          Patricia. Patricia Gaivota. Je fais partie d’un peuple qui a abrité de grands navigateurs, Vasco de Gama, Magellan…

-          C’est amusant, fit Séphélios. Mon peuple n’a pas foulé la terre ferme depuis une trentaine de… siècles je crois, et vous, vous allez évoluer au fond des océans…

-          Je croyais que le retour sur le plancher des vaches était possible…

Patricia avait tout de même un peu peur. Et si elle avait fait une sottise, en plongeant ?

-          Rassurez-vous, c’est tout  à fait possible. Vous réapparaitrez sur la plage où vous avez plongé. Et vous pourrez revenir, si le cœur vous en dit.

Et Séphélios regarda Patricia en souriant. Elle le trouva presque séduisant, avec ce beau sourire. La forme de Séphélios n’était humaine qu’en apparence, et elle avait mille questions.

-          J’ai signé pour une aventure, je crois, dit Patricia en souriant elle aussi. Mais où diable suis-je donc ?

-          Au fond des océans.

-          Au large du Portugal ?

-          Oh, vous savez, peu nous importe le pays. Ici, ce serait plutôt une réalité autre…

-          Mais vous parlez portugais.

-          Dans l’Atlantique, c’est fréquent. Je connais l’histoire de votre pays.

-          Ah bon ? Mais comment le savez-vous ?

-          Mon père était un marin portugais sous la direction d’un certain Colombo. En tombant à la mer, il a rencontré sa sirène… et me voilà.

Patricia fut déconcertée.

-          Mais Colombo… était génois. Italien.

-          Mais il est parti de Lisbonne. C’est là, qu’il a affrété ses navires.

-          Mais alors, quel âge avez-vous ?

-          Peu importe. Ici, nous vivons tellement longtemps, que cela confine à l’immortalité.

-          Et les sirènes existent vraiment ?

-          Suivez-moi, invita Séphélios. Je vais vous montrer mon monde.

Curieuse, Patricia accepta. Séphélios s’éleva dans l’eau, et il suggéra de nager, plutôt que de marcher sur le plancher de l’océan.

-          Vous serez sans doute vous aussi plus à l’aise…

Patricia acquiesça, poussa sur ses jambes, et s’aperçut que, là aussi, elle nageait très bien. Séphélios joignit les pieds, qui semblèrent former une queue de poisson, et donna un grand coup de reins. Patricia se mit à le suivre, façon dauphin. Elle était plutôt fine, taillée pour la nage elle aussi, à sa manière. Ils n’eurent pas à nager longtemps, et arrivèrent à quelques navires échoués là depuis quelques siècles. Séphélios se hissa sur le pont, et Patricia en fit autant.

-          Suivez-moi encore. Sur vos pieds. Ce bateau revenait du Brésil, quand il a sombré.

-          Mais où sommes-nous ?

-          Dans une aire lusophone. Vous allez voir. Nous y avons fait quelques installations…

Stupéfaite, Patricia se retrouva, cinq minutes plus tard, dans une pièce pleine de livres. D’autres êtres, à l’image de Séphélios, étaient installés dans de bons fauteuils, à lire ou à consulter des cartes.

-          Vous voyez, c’est une de nos bibliothèques.

-          Mais comment avez-vous fait ? Les livres ne supportent pas l’eau !

-          Je vous laisse découvrir. La civilisation à laquelle j’appartiens sait encore faire des miracles, depuis des millénaires que nous sommes là…

Patricia était fascinée. Elle avait envie de fouiner dans ces livres, mais aussi de parler avec les congénères de Séphélios. Une femme, plus petite qu’elle, aux formes rondes, se leva et vint vers elle, lisant de l’intérêt dans les yeux de Patricia.

-          Bonjour, je suis Tatiana. Je vois que vous êtes nouvelle… Humaine ?

-          Oui. Je m’appelle Patricia.

-          Séphélios aime bien accueillir les nouveaux. Avec son dauphin de compagnie… Si vous n’avez pas peur des fonds marins, je peux vous faire découvrir mon monde mieux que lui.

Tatiana cligna des yeux, et ajouta :

-          Non, pas mon monde. Notre monde. Ceci est une bibliothèque spécialisée lusophone. Nous en avons d’autres, un peu partout dans les océans du globe.

-          Oh, je veux voyager avec vous !

Tatiana et Séphélios jaugèrent Patricia du regard.

-          Elle est mûre, je dirais, fit Séphélios. En plus, notre amie nage comme un poisson.

-          Mais qui sont tous ces gens ?

-          Des professeurs. D’autres  qui veulent se cultiver. Nous sommes très ouverts, expliqua Tatiana. Nos petits naufragés, et nos petits à nous, ont encore tout à apprendre !

-          Il y a donc des écoles dans le fond des océans ?

-          C’est notre monde. Peut-être aussi le vôtre, qui sait ? Si vous êtes portugaise, vous avez un rapport intime avec la mer, dit doucement Séphélios.

-          Oh…

Un chant s’éleva de la poitrine de Patricia, très doux. Un fado entendu quand elle était petite.

-          Vous connaissez le chant de la mer, à ce que je constate. La mer qui prend. Ou qui donne. Votre chant est un très beau chant,  jugea Tatiana.

-          Ça fait longtemps que je n’ai pas chanté. Et je n’en ai guère envie… je viens de perdre ma mère. Seul ce fado me revient… Et il y a cette chanson, È doce morrer no mar[1], qui est si belle et si triste…

-          Votre mère est morte en mer ?

-          Non. D’un cancer. Mais elle aimait beaucoup la musique. Brésilienne, Cap-Verdienne…

-          Vous aurez besoin de notre soutien alors, dit encore Tatiana. Vous pourrez, à tout moment, converser avec nous. Aller, revenir… cette dimension est la vôtre. Qui sait, peut-être même trouverez-vous quelqu’un parmi nous. Regardez ces livres, vous en mourrez d’envie.

-          Et pour connaître ce monde ?

-          Nous avons des genres de villes. Nous dormons dans les coquilles des autres, comme les bernard-l’ermite. Ce ne sont pas les épaves qui manquent. Mais je vous conseille de rentrer chez vous, pour digérer toutes ces nouveautés, conseilla Séphélios. Vous pouvez plonger dans la vague de Figueira da foz.

-          Je… je vais fouiner dans ces bouquins. Et après, je rentrerai chez moi.

-          Attendez. Vous venez de perdre quelqu’un de cher, et je suis, nous sommes, les esprits de la mer, fit Tatiana, et elle vint serrer Patricia dans ses bras, qui en eut un soupir d’aise.

-          Merci, dit-elle quand les deux femmes desserrèrent l’étreinte.

Le sang perla de nouveau sur le doigt de Patricia. Elle comprit qu’elle s’était blessée sur l’aileron de Tatiana.

-          Ce n’est rien. Vous avez votre sang dans la mer. Digne Portugaise ! Allez-y, découvrez cette bibliothèque.

Patricia ne se le fit pas dire deux fois.

Quand elle voulut rentrer chez elle, elle l’indiqua à Tatiana, qui était restée au milieu des livres.

-          Tout est passage ! Allez sur le pont, et  donnez un grand coup de rein pour vous propulser. La vague comprendra.

-          Ne peut-on parler à l’océan ?

-          Si. Mais pour cela, il faut que vous reveniez. Et vous l’apprendrez auprès de nous.

-          Alors je reviendrai.

-          Pour moi aussi ? Vous êtes… belle, dit une voix d’enfant.

Patricia baissa le nez, sur un enfant couvert d’algues.

-          C’est un de mes petits protégés, Martino, expliqua Tatiana. Ce n’est pas une raison suffisante, mon petit poisson. Et Patricia veut d’abord apprendre sur nous.

-          J’ai raté une existence d’humain…

-          Ne t’inquiète pas, je te raconterai. A bientôt, Martino, Tatiana !

-          Au-revoir Patricia !

Patricia eut un sourire, salua rapidement la compagnie, et remonta sur le pont pour suivre les indications de Tatiana. Elle émergea de la vague, et retrouva ses vêtements. Elle se rhabilla, ramassa la bouteille avec le message, et rentra dans la maison familiale, où elle était seule. Elle prit alors une douche rapide, puis attrapa son téléphone.

-          Hugo, je voudrais te parler.

-          Qu’y a-t-il ? Où es-tu ?

-          A la maison. Je voudrais la garder.

-          Quoi ? Mais…

-          C’est mon seul lien avec le Portugal. Tu peux comprendre, non ?

-          Oui… oui, bien sûr. Mais nous sommes deux, là-dessus. La nuit porte conseil, tu sais. Attends demain, avant de prendre une telle décision.

Patricia jugea le conseil raisonnable, et ne discuta pas. Mais le lendemain matin, dès la première heure elle enfila son maillot de bain, prit des affaires de plage, et fila  vers l’océan. Il fallait qu’elle en ait le cœur net.

Flip l’accueillit avec l’un de ses compagnons, et les deux dauphins la menèrent à  Séphélios.

-          Patricia ! Vous êtes revenue !

-          Oh, ce n’était donc pas un rêve ! Je vais découvrir votre monde ! Où sont Tatiana, Martino, tous les autres ? Menez-moi où vous voudrez, Séphélios !

Ce matin-là, Patricia découvrit un cimetière marin, composé d’une flotte espagnole. Elle erra entre les coques de bateaux, s’amusa à les découvrir. Il y avait là une petite école, avec des enfants de la mer, où elle fit sensation, avec son maillot de bain vert-doré. Martino était là, alors Patricia supposa que Tatiana n’était pas loin. Mais elle eut peur d’être trop longtemps absente du plancher des vaches, alors elle préféra attraper la vague, comme on prend un autobus, et une fois de nouveau sur la plage, elle consulta l’heure sur son téléphone portable. Elle avait plongé à neuf heures et quart, et... il était neuf heures vinggt.

-          Ce n’est pas possible ! Il faut que… oh, et puis zut !

Et Patricia replongea, rien que pour demander comment s’écoulait le temps au fond de l’océan.

-          Le temps ? Qu’est-ce que c’est, au juste ? fit Séphélios.

-          Mais alors… je suis hors du temps ?

-          Probablement.

Et Séphélios ajouta malicieusement :

-          Cela fait aussi partie de votre découverte…

Patricia sourit. Elle avait compris.

 

-          Hugo, je ne change pas d’avis. Je te donnerai la moitié de la valeur de la maison, et je la garde. Peut-être même que je vais carrément me réinstaller au Portugal.

-          Ah bon ? Mais ton boulot ?

-          J’en changerai. Je peux donner des cours de français, ou d’anglais. Voire d’autre chose, de natation par exemple.

-          C’est vrai, tu as toujours aimé nager.

-          La proximité de l’océan est un atout non négligeable, pour moi. A Paris, il faut prendre le train ou la voiture… Et je me rapprocherais de vous. Ah oui, et je pourrais écrire, traduire…

-          Je vois que c’est tout réfléchi !

Mais Hugo avait un grand sourire.

-          Tu me fais plaisir, petite sœur. Et la maison ne sera pas perdue. Dans le fond, ce n’est pas plus mal.

-          Et vous serez les bienvenus. Alors tu ne  m’en veux pas ?

-          Comment le pourrais-je ? Sans papa ni maman, que me reste-t-il ? Non, c’est toi qui as raison, en fin de compte… Et tu as téléphoné à Clara et à Lucia ?

-          Oui. Elles sont d’accord. L’été, nous pourrions être tous ensemble…

 

-          Maman, qu’est-ce que tu fais ?

Clara tapa sur l’épaule de sa mère, qui chantait, qui sait, un fado ou le chant des dauphins, tout en contemplant l’océan.

-          Je chante le chant de la mer. Des Atlantes, des dauphins, des baleines… Je me sens en contact avec eux. Tous ces gens que l’océan  a pris…

-          C’est beau, même si je ne comprends pas…

-          Tu es à moitié française, tu ne peux pas comprendre. Mais ça ne fait rien. Excuse-moi.

Patricia se remit à chanter, quelque chose de très ancien, dans la langue des Atlantes qu’elle avait apprise avec Tatiana, et tous ses amis du fond des mers. Clara la regardait, fascinée. Les vagues semblaient lui obéir, renvoyant le son, et Flip, ou peut-être l’un de ses descendants, ondulait encore sous les ondes… Patricia sentait toutes ces forces, qui lui répondaient, elle le sentait au plus profond de son être. Ses cheveux, désormais gris, flottaient dans la brise.

-          Qu’est-ce que c’est beau ! dit encore Clara. Où as-tu entendu cela ?

-          En… nageant dans l’océan.

-          Moi aussi je viens ici tous les étés. Sylvain et les enfants aussi. Mais je ne sais pas ce que tu éprouves, dans l’eau.

-          Il faut être ouvert à… autre chose. Un jour, peut-être te dirais-je mon secret…

-          Pourquoi, tu es une véritable sirène ?

Patricia cligna de l’œil.

-          Qui sait ?

 

© Claire M. 2019



[1] Il est doux de mourir en mer

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06 mars 2019

histoire de Sylvestre, 9° épisode

Pourquoi j’écris.

 

Evidemment, étant fille de bibliothécaires, et petite-fille d’instituteur (comme on disait à l’époque), je suis tombée dans la marmite des livres quand j’étais petite. Mais j’aurais pu aussi bien prendre le contre-pied de mes parents, et y faire une allergie. Il n’en a rien été, pas même pour ma sœur, pourtant plus rebelle que moi.

Comme tous les enfants, je suis allée à l’école, et le passage à l’écriture a été une évidence, j’en ai d’ailleurs peu de souvenirs, les lignes et interlignes des cahiers mis à part. Cela a dû influer sur mon écriture, celle que vous lisez au bas de mes petits dessins. Je ne suis pas sûre qu’elle soit toujours lisible, aussi, au passage, je vous prie de me pardonner. Ma mère aimait déjà écrire, et a d’ailleurs, sur le tard, publié des poèmes dans une association littéraire. C’est ce que je faisais étant petite, dès que j’ai su écrire, des petites poésies. Ma grand-mère, puis ma mère, les gardaient précieusement… Ce que j’ai écrit  à l’adolescence n’avait plus grand-chose à voir avec mes poésies enfantines.

En effet, au collège, pour moi, ça s’est mal passé. Chouchou de la prof de français qui me défendait maladroitement, différente des autres de ce fait, mais pas seulement, j’étais une adolescente assez ronde. Je suis arrivée dans ce collège, à Metz, en n’ayant jamais dit de gros mots, qui ne me sont venus que plus tard – trop tard… En somme, l’intellectuelle de service, d’autant que je portais des lunettes qui ne m’avantageaient pas, et mal fagotée de surcroît. A l’époque, je ne comprenais déjà pas le besoin de s’habiller avec des marques, « Chipignon » comme disait mon père. Bref,  j’ai été rejetée, bouc émissaire. A la maison, mes parents ne m’écoutaient pas. Logiquement, je me suis réfugiée ailleurs, c’est-à-dire dans l’écriture. J’avais peu d’amis. Et qu’ai-je écrit, outre mon journal intime, eh bien, des vies imaginaires. Je sais maintenant qu’il est fréquent de s’inventer un monde imaginaire, à l’enfance ou à l’adolescence. Par contre, jamais je n’ai entendu parler de gens qui, comme moi, les écrivaient… Ça fait trente ans environ que je fais cela, et impossible de m’en débarrasser. Alors j’essaye de faire en sorte que ce soit utile, outre l’effet psychothérapique ? en n’utilisant pas que le français.

Au fil  du temps, j’ai utilisé toutes les langues que j’apprenais. Dans ce qu’on peut appeler ces « sagas », la Jungle dont je vous ai parlé à l’épisode 7, et tant d’autres choses encore…. Ecrire me permet ainsi de maintenir le contact avec les langues que j’ai apprises. Au premier rang desquelles l’italien, puis l’anglais, un peu de portugais et quelques autres encore, mais à un niveau nettement moins avancé. Mais j’ai trouvé une bonne idée d’utiliser l’italien, encore différente. Je vous ai déjà parlé de Vassilis Alexakis. Cet auteur, grec, a écrit certains de ses livres en français, vit entre France et Grèce. Dans son dernier livre, il parle d’un compatriote qui, pour ne pas oublier sa langue maternelle, écrit dix pages en grec tous les jours. J’ai repris l’idée à mon compte, en écrivant, à présent, quatre ou cinq pages en italien tous les jours. C’est devenu un journal intime. Ici dans le nord de la France, peu de gens connaissent l’italien, langue de fantasmes. Si vous ne voulez pas oublier une langue que vous aimez, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

L’écriture me sauve à plusieurs points de vue. Ce que mon père, de son vivant, n’a jamais compris. Même s’il est mort trop tôt et que je l’adorais, je me sens enfin libre d’écrire. Libre d’écrire des textes enfin montrables ! Et c’est ce que vous lisez sur ce blog…

Claire M.

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02 mars 2019

Marcel Schwob et moi

 

Marcel Schwob.

 

Je m’appelle Claire Monelle. Le prénom de Monelle peut sembler étrange, mais ce n’est pas mon deuxième prénom par hasard. Claire pour la lumière ; et Monelle est un prénom littéraire. Monelle est en effet le personnage le plus connu de l’œuvre de Marcel Schwob, nouvelliste trop méconnu de la fin du XIXème siècle, et du début du XXème siècle.

Marcel Schwob est né en 1867, dans une famille d’intellectuels juifs. C’est durant ses études à Paris qu’il a commencé à écrie, des nouvelles et des contes. Pendant son service militaire, il découvre les milieux populaires à Vannes, et ainsi l’argot, et publiera d’ailleurs en 1889, une étude sur l’argot français, aidé par Georges Guieysse. En 1893-94, il dirige le supplément littéraire du journal L’Echo de Paris, avec Catulle Mendès.

Vise, sa maîtresse, meurt en 1893 : c’est elle qui lui a inspiré Le livre de Monelle. Marcel Schwob a aussi traduit de l’anglais : Moll Flanders de Daniel Defoe, Shakespeare… Mais vers 1897-1900, il cesse d’écrire de la fiction, pour se dédier au théâtre et au journalisme. Très malade, il mourra à Paris, à 37 ans, en 1905.

 

Le livre de Monelle paraît en 1894, sous le titre Les petites filles. Ce livre est important, un « chef d’œuvre », pour sa postérité, malgré un succès d’estime. Il eut notamment un impact sur André Gide : Les nourritures terrestres en auraient été un plagiat, d’où la brouille entre les deux auteurs. Mais Le livre de Monelle a influencé bien des écrivains du XXème siècle, le surréalisme, par l’appel à la liberté de l’héroïne, Monelle. Ses « sœurs » seront tout aussi bien Nadja d’André Breton, ou Aurora de Michel Leiris.

Le livre de Monelle en lui-même se présente en trois parties : ses paroles, puis ses « sœurs », et enfin le personnage  elle-même. Tout cela compose autant de petites histoires. Monelle est une petite prostituée, mais cette œuvre s’avère très poétique, par son thème et la façon dont elle est écrite. Monelle y apparaît, à mon avis, comme un feu follet.

Cela peut sembler étrange, mais ce petit livre est si sensiblement écrit, que j’en ai été touchée. Je n’ai aucune honte à porter le prénom de l’héroïne, d’autant que, je l’avoue, j’ai attendu longtemps avant de lire cette œuvre. L’avantage d’un tel prénom est que, comparé à celui de Claire, il est beaucoup plus original !

Si vous souhaitez le lire, il existe en poche, chez Garnier-Flammarion, couplé à Cœur double, un recueil de nouvelles dont certaines sont fantastiques et où Schwob montre un côté différent de son œuvre.

Marcel Schwob, un auteur à réhabiliter !

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25 février 2019

aventures célestes...

artiste

dans_la_lune

direction_la_Terre

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19 février 2019

clin d'oeil roumain

Réminiscences.

 

L’aéroport de Bucarest grouillait de monde. Il y avait un bruit de fond considérable. Pourquoi personne ne vient-il me chercher ? Suis-je éloignée de mes cousins à ce point ? Heureusement, Silvia connaissait les lieux. Elle alla droit où récupérer ses bagages, gênée par son sac à main immense. Encore heureux que je puisse dormir chez Anca. En Roumanie, on fait moins de façons qu’en France. Silvia reprit sa valise, de mauvaise humeur. Qui est cette dame aux yeux verts avec autant de charme, et qui court comme ça ? Oh ! Ah, ces talons mesdames, ces talons. Merci monsieur, joli sourire, c’est reparti. Je connais les lieux. D’ailleurs, voici les taxis. Revoir une ville qu’on aime. Bucarest. Tout date. Paul Morand. Et ce crétin de chauffeur qui me demande si je suis roumaine.

-          Moi non, mais ma mère, si. Calea Victoriei, s’il vous plaît. Et ne trainez pas, j’ai à peine le temps !

-          Ces étrangers, toujours pressés…

Voilà. En deux secondes, étiquetée étrangère. Reprendre un autre rythme, aller lentement sur une des plus grandes artères de Bucarest, là où j’allais en vélo au milieu des R12, cheveux au vent. Maman qui disait « Non, pas trop vite, attention ». Essuyer une larme d’émotion.

-          Ça va ?

Tiens, il est compatissant. Il ne faut pas pleurer. Le taxi dépose Silvia à cinq cent mètres de chez Anca, sa cousine. Marcher dans des lieux connus, retrouver ses sensations d’enfance. Si je n’avais pas épousé Julien, je serais toujours roumaine. Peut-être même serais-je établie là, en Roumanie. Pour quelle existence ? Anca serra Silvia dans ses bras.

-          J’ai fait les sarmale que tu aimes. La recette de maman.

Anca. La seule à avoir perpétué les recettes familiales. Tante Clara les tenait de leur grand-mère. Silvia se serait damnée pour les sarmale familiales. Elle ne savait pas les faire aussi bien, n’avait pas les bons produits, chez elle, en France. Chez moi ? Où suis-je chez moi ? Silvia se reprend. Goûter une recette oubliée.

-          Viens, viens, dit encore Anca.

-          Je voudrais déposer ma valise.

-          Je t’en prie. Tu sais où c’est.

Ça commence. Anca veut bien rendre service, mais pas trop quand même. Pourtant c’était une femme hospitalière. En fait, plus exubérante qu’autre chose. Elle aimait les grandes tablées, mais ce jour-là il n’y avait que trois couverts. Elle expliqua à Silvia que son cousin Vlad allait venir. Vlad ! Son cousin préféré. Il le sait, il veut voir Silvia, c’est sûr. Elle n’est là que pour trois jours, il ne voudrait pas rater ça. LEUR chemin enneigé, encore à cette époque de l’année, en mars, où ils filaient en courant, tombaient, se relevaient rieurs. Silvia s’en souvenait, avait hâte de voir Vlad. Elle ne l’avait pas vu depuis très longtemps. Elle venait à Bucarest pour son nouveau roman, écrire sur cette ville, ses environs. Ce chemin enneigé où elle s’amusait avec Vlad. Tout à coup, elle se mit à demander comment avait été l’hiver.

-          Pas pire que d’habitude.

-          Il y a encore de la neige ?

-          Peut-être. Tu peux aller en forêt. Avec Vlad.

Courir dans la neige. Les deux cousines se comprirent.

-          Le printemps compte toujours autant, pour moi, avoua Silvia.

-          Alors c’est bien vrai que cette saison est agréable, en France ?

-          Oh, en général il pleut beaucoup.

Silvia donnait le change. Elle lança un regard un peu morose à Anca, alla poser sa valise dans la chambre d’amis. Elle en sortit des cadeaux pour sa cousine, la famille, et revint dans la pièce à vivre. Vlad arriva peu après. Les deux femmes parlaient du passé. Silvia était un peu triste, à cette évocation.

-          Silvia !

Quand le cœur fait des bonds. Retrouver quelqu’un qu’on aime. Vlad étouffa sa cousine contre lui. Un grand gars costaud, avec une lueur malicieuse dans le regard. Mon Dieu, que c’est bon de le retrouver, lui. Silvia avait le nez dans son cou. Anca disparut, revint avec l’apéritif.

-          A nos retrouvailles ! lança Vlad.

-          A Silvia !

Ils trinquèrent. Quel est ce pincement au cœur ? Silvia but, la tête ailleurs. Quelle différence entre mon intérieur français, et ce petit appartement sans prétention, sans un objet de trop. Elle se souvenait de son enfance, là, dans un appartement quelconque, à l’époque de Ceausescu. La pauvreté. Que connaissaient les filles, le mari de Silvia, de cette réalité ? Elle mesurait tout le chemin parcouru, tout le chemin qui la liait à la France. La civilisation ? Elle buvait, une larme tomba dans son verre. Aussitôt, Vlad était là.

-          Silvia, ma grande, que se passe-t-il ?

-          C’est l’émotion du retour.

En plus, le retour au roumain. Tout est si différent ! Silvia voulait écrire sur son pays. Raconter une réalité. Se raconter.

-          Il y a autre chose, devina Vlad.

Il connaissait bien sa cousine. Jouer dans les petites rues, rire ensemble. Il prit le verre de Silvia, le posa sur la table.

-          Sœurette, c’est prêt ? Je  crois que Silvia devrait manger quelque chose. Viens là, ma grande.

Dans les bras de Vlad, elle pleurait tout à fait, à présent. Elle voulait écrire ce livre. Vlad et Anca n’avaient toujours vécu qu’en Roumanie. Ils ne pouvaient pas comprendre.

-          Vous… J’ai épousé un Français. Je connais un autre pays, j’y ai ma vie. Mais… La Roumanie… Oh, Vlad, tu me manquais !

Vlad se taisait. Anca aussi. Elle servit le plat de sarmale.

-          Reviens parmi nous, dit-elle.

Essuyer ses larmes par une main trop grande. Silvia se moucha, s’assit à table. Elle n’avait pas mangé ce plat depuis une éternité. Le goût d’un pays qu’elle n’aurait pas voulu quitter. Le goût de l’enfance. Et Vlad qui est toujours là. Comme d’habitude.

-          Je comprends que ta mère soit partie, dit Anca. Ce n’était pas tenable. Nous, nous avons résisté. La Roumanie est le plus beau pays qui soit.

-          La France aussi est un beau pays. Tu t’es fait une situation je crois, Vlad ?

-          Oui. Oh, ce n’est pas fort payé, mais j’aime ce que je fais. Je travaille dans une maison de retraite.

-          Tu as toujours été très humain, Vlad.

-          Allez, remets-toi.

Le goût du chou. Ils liquidèrent le plat. Vlad invitait sa sœur à resservir Silvia. Au dessert, ça allait beaucoup mieux.

-          Pourquoi ne viens-tu pas en famille ? demanda Anca. Tu devrais faire découvrir ton pays à tes filles, ton mari.

-          Mon pays ? Mais…

Les larmes remontaient. Silvia ne savait plus se retenir. Vlad lui prit la main. La douceur d’une main tendue. Silvia ressentait une grande jalousie vis-à-vis de ses cousins, qui avaient su rester dans ce pays qu’elle aimait tant. Or Vlad venait de lui donner le bijou annonciateur du printemps, et que Silvia portait déjà au poignet, en signe d’espérance. Telles des rivières lors du dégel, les larmes de Silvia arrosaient les mains de Vlad, désolaient Anca. Ils ne comprenaient pas, se regardaient, perplexes. Pourquoi quitter « son » pays ? Quel était le pays de Silvia ? Celui de ton enfance ? Celui de sa vie de femme ? Elle ne savait pas, se sentait tiraillée. Rester ici ? Retourner auprès de son mari et de ses filles, en France ? Silvia ne savait plus. Alors elle pleurait. Où était-elle bien ? Rire et pleurer ensemble. Et puis la main de Vlad broya celle de Silvia. Malgré l’incompréhension. Un peu de réconfort.

-          Nous ne t’avons jamais laissée tomber, dit Vlad.

-          C’est vrai, reconnut Silvia.

-          Ecris ton livre. Ce sera toi. Ton expérience. Mais fais-le bien traduire en roumain.

-          Oui, murmura Silvia, mais la jalousie l’étreignait toujours, lui tenaillait le cœur.

Elle l’écrirait, ce livre, et elle le leur ferait lire. L’idée lui vint, tout à coup, de le faire en roumain, sa langue maternelle. Oui, c’était cela. Même un pays comme la Roumanie pouvait être merveilleux, parce que c’était celui de l’enfance.  Et le roumain lui permettrait de mieux l’exprimer, malgré son bilinguisme. Silvia avait même envie de rester là, pour écrire son livre, s’imprégner de nouveau de la culture roumaine. Il fallait que sa famille comprenne. Que tous comprennent. Ce déchirement. Entre un pays et un autre. Un pays, un amour. Choisir ? Ne pas choisir ? Silvia se reprit. La vie continuait. Le bijou de son poignet se défit. Vlad le lui renoua.

-          Tu l’emmèneras avec toi. Ta roumanité compte. N’oublie pas le printemps.

Et lui et Anca firent leur plus beau sourire, le plus avenant, pour Silvia. La jalousie vacilla.

-          Je le sais, que ça compte, dit Silvia, et elle prit une inspiration. J’écrirai mon livre ici. Où pourrai-je m’installer ?

Les sourires de Vlad et Anca s’élargirent.

-          Petite sœur, fit Vlad. Reste un peu. Je te trouverai un studio.

La décision de Silvia était prise. Et son mari et ses enfants viendraient pour Pâques. Plus tard, elle traduirait elle-même son livre en français. Elle passerait du temps avec les siens. Entre la France et la Roumanie.

 

© Claire M, 2011

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15 février 2019

hiver et facéties...

abominable_homme_des_neiges

Isaac_Newton

maths_modernes

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12 février 2019

le pays de l'écriture

Objets d’écriture.

 

Vous l’avez compris : je suis fétichiste de certains objets d’écriture. Stylos, Bic pour voir le niveau d’encre, papeterie lignée, sans ces horribles grands carreaux… Cela dit, les post-it  ont repris leur fonction initiale, pour marquer des pages et écrire un commentaire, quelquefois à mettre en évidence pour ne rien oublier, même si cela n’empêche pas la procrastination… Soit, comme on dit dans le Nord, « pourquoi remettre au lendemain ce qu’un autre peut faire à ta place le jour même ? », encore plus piquant en ch’ti.

Mais de plus en plus, les carnets s’accumulent. Carnets de dessins (maintenant en plus ou moins bon état…), carnets (Moleskine !) bourrés d’idées et de réflexions sur la littérature et l’écriture, et d’autres qui étonnent mes collègues quand je les dégaine dans la salle des maîtres. Sans compter l’épais cahier (toujours ligné) où je tiens tous les jours mon journal ; l’un reste dans mon sac pour écrire à l’heure de midi, et j’en ai un autre à la maison, de plus grandes dimensions. J’ai aussi un carnet, réellement professionnel celui-là, où je note comment ça se passe avec les enfants handicapés dont je m’occupe… bref, mes collègues hallucinent !  Mon « carnet créatif » (dont je vous recommande l’usage) me permet de noter toutes les idées qui me passent par la tête. Toutes ces idées, une fois par mois, je les saisis sur ordinateur. Quand l’envie m’en prend, que je veux écrire un texte… je consulte le classeur où elles sont rangées par thèmes. Donc : carnets, cahiers, classeurs. Et le journal d’autrice. Certains, à vrai dire, sont à petits carreaux, ce qui est aussi un bon compromis.

Bien sûr, chacun a son système. Le mien, je l’ai développé à partir de mes coquetteries, et de mes besoins, ou ce que je crois tel. Si vous voulez tout savoir, je passe toujours par la phase d’écriture manuscrite. J’y tiens. C’est ainsi que je rédige mes petites histoires, avec un stylo-plume, sur des feuilles lignées qui vont ensuite dans d’autres classeurs. Inutile de préciser que je suis cernée par le papier, et ma propre bibliothèque… Extraterrestre jusqu’au bout des ongles, mon imagination ne peut se développer qu’avec papier-stylo. Et je l’assume !

Claire M.

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07 février 2019

Comment écrire ?

livres__criture

Voici les livres qui peuvent (me) servir pour l'écriture... Ils occupent un petit rayon, au mllieu de mon bazar organisé (pour ne pas dire un autre mot). Je suis une acheteuse de livres compulsive, et à l'affût des différentes manières d'avoir des idées. Cela ne suffit bien sûr pas, car après, il faut les mettre en forme, et c'est là qu'intervient la difficulté. Et donc les livres qui aident pour l'écriture.

Pour mes petites histoires, je n'ai jamais eu de problème de composition. A vrai dire, je sais faire du très court... et du très long. Mes sagas perso n'étaient qu'un vaste terrain d'exploration, dans tous les sens de ces termes. Mais un roman ? Ou dois-je, comme Vassilis Alexakis, me réaliser en écrivant des récits à la première personne et, pour moi, m'en tenir là ? Mais cette situation a quelque chose de frustrant.

Autant d'écrivains, autant de façon de faire différentes, aussi bien pour les récits, les romans, toutes les formes écrites... C'est pourquoi j'aime connaître leurs secrets de fabrication. Je viens de terminer un petit livre de Bjorn Larsson (encore un auteur suédois), dont la postface, de ce point de vue, est très intéressante. Son titre est La dernière aventure de Long John Silver. Un gros volume, intitulé Long John Silver, est paru en 1995, et ce petit livre en est en quelque sorte un addenda. Les amateurs de romans de mer y trouveront leur compte. Je ne saurais trop vous en conseiller la lecture. Des romans de Bjorn Larsson, et de la littérature autour des romans et de l'écriture.

Il y a certains livres qui vous marquent plus que d'autres. Quoi qu'on pense de Stephen King, son livre Ecriture, mémoires d'un métier fait autorité. Quant à moi, j'aime pêcher des idées dans des livres tels que Libérer son écriture et enrichir son style, de Pascal Perrat, ou dans ce gros livre, Ecrire, que vous pouvez voir sur la photo. Mais le livre qui m'a le plus marquée est Libérez votre créativité de Julia Cameron, tant elle donne de pistes. Tous, à lire ou à relire (et c'est valable pour moi aussi), ou au moins à consulter qaund on se pique d'écrire.

Et bonne lectures !

Claire M.

 

V. Alexakis, par exemple La clarinette (son dernier roman), paru au Seuil, ou La langue maternelle, chez Fayard

J. Cameron, Libérez votre créativité, J'ai lu

S. King, Ecriture, mémoires d'un métier, paru en poche

B. Larsson, Long John Silver et La dernière aventure de Long John Silver, tous 2 parus chez Grasset

P. Perrat, Libérer son écriture et enrichir son style, Victoire éditions

Faly Stachak,  Ecrire, Eyrolles

 

Posté par Claire Monelle à 17:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]